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I have a dream : un internet libre

Martin Luther King sous copyright

Par Mathilde Serrell

10h sur Nova : c’est l’heure des cultures engagées, idéalistes, toujours en résistance. Et ce matin, je vous parlais du collectif Fight For The Future et de son combat pour la liberté sur Internet. Touche pas à mon rêve !

Cela n’a pas pu vous échapper hier : pour sa cérémonie d’investiture, Barack Obama a prêté serment sur deux bibles, celle d’Abraham Lincoln – sauveur de l’Union et abolitionniste de l’esclavage – mais aussi celle de Martin Luther King, père de la lutte pour les droits civiques dont, coïncidence, on honorait aussi la mémoire ce lundi « aux Amériques ».

Imaginons que je sois américaine et que pour fêter ça, l’envie me prenne de regarder le beau discours « I have a dream » de Luther King sur Youtube... Eh bien si la loi américaine Stop Online Piracy Act (SOPA) venait à passer, je ne pourrai pas !

En effet, les héritiers de Martin Luther King on cédé en 2009 la gestion des biens de leur révérend d’aïeul à EMI Publishing, qui contrôle donc aujourd’hui le copyright de cette vidéo.

C’est là que Fight For The Future, réseau pour la défense de « l’Internet qui fait le bien » (expand the Internet’s power of good), entre en action.

Vendredi 18 janvier, pour célébrer le Internet Freedom Day (premier anniversaire du blackout de l’Internet américain, lorsque Wikipedia avait décidé d’interrompre son service pendant vingt-quatre heures en guise de protestation contre SOPA et PIPA), le collectif a appelé au partage massif de la vidéo « I have a dream », précédé d’un message qui reprend les implications de cette loi et sa vision maximaliste du copyright. Un peu de désobéissance civile, que diable !

Postée sur Viméo, la vidéo de Fight For The Future a été retirée du site le jour même... Selon le site Mashable, EMI Publishing avait déjà fait retirer cette vidéo plusieurs fois, notamment de Youtube. La vidéo a été repostée sur Youtube, en attendant une nouvelle action probable d’EMI.

Ce qui révolte Fight For The Future, c’est que des jeunes ne puissent pas partager un message de paix et de justice en raison de lois sur le copyright qui le censurent.

En prison pour avoir téléchargé « I have a dream », un comble !