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We Were the Future | Bordeaux

Ça n'a rien à voir avec le Hellfest, mais voilà une belle plongée dans la scène Meytal. Meytal Blanaru, bien sûr.

13 mars 2019
Par NOVA BORDEAUX
We were the future

Qu'il s'agisse du palais mental des un.e.s ou du bon gros fatras des autres, la mémoire a tout de la zone grise. C'est crépusculaire, c'est incertain et pas forcément très net : les couleurs passent, les raccords sont de plus en plus flingués au fil des années. Si bien qu'on n'arrive que rarement à distinguer, tant ils sont entremêlés jusqu'à la confusion totale, le réel de l'imaginé, le fidèlement restitué de l'un peu moins fidèlement reconstitué, les souvenirs conservés de ceux relégués dans le subconscient.

Avec We Were the Future, son nouveau spectacle, la danseuse et chorégraphe israélienne Meytal Blanaru tente de démêler ce noeud gordien - et sans opter pour la triche façon Alex le Grand. Née et élevée dans un kibboutz, Meytal Blanaru se retourne sur son propre vécu, le remue et l'investigue avec une intention aussi claire qu'ambitieuse : « travailler l’empreinte du souvenir ». Les souvenirs que nous portons sont-ils bien réels ? Existe-t-il une zone de souvenirs vraiment intacte ? Cinquante minutes ne seront pas de trop pour tirer tout ça au clair - enfin, autant que possible.

« Les souvenirs laissent des traces, parfois physiques, parfois dans nos esprits, dixit la principale intéressée. Ces traces sont ce qui me donnent envie de danser ; c'est pour moi le moyen le plus simple et le plus direct de communiquer. Avant même de pouvoir partager quoi que ce soit avec quelqu’un d’autre, de performer en public, ça me sert à me connecter à moi-même et savoir d’abord où je suis. » En d'autres termes, il y a ici de la méthode Feldenkrais, qu'on pose là, vu que la néo-Bruxelloise en est une adepte et s'en inspire dans des proportions plutôt conséquentes pour son travail.

Sur la scène bordelaise de la Manufacture - CDCN, Meytal Blanaru et ses deux collègues (Gabriela Ceceña et Ido Batash) tenteront de rassembler et de remonter inlassablement les morceaux d'un puzzle de mouvements sans cesse incomplet, dans l'espoir (illusoire ?) de renouer avec l'expérience authentique. Une (en)quête à rebours dans un cadre minimaliste, accompagnée par les nappes instrumentales de Benjamin Sauzereau, à laquelle Nova Bordeaux vous invite par le biais du mot de passe Nova Aime, à renseigner ci-dessous.

 

 

 

We Were the Future, de Meytal Blanaru, le jeudi 21 mars à 20h00 @ La Manufacture - CDCN (Bordeaux)