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À Marseille, un hackathon pour changer le monde

À Marseille, un hackathon pour changer le monde

Un événement organisé par le journal local La Marseillaise et Donut InfoLab. Depuis l'effondrement de deux immeubles rue d'Aubagne le 5 novembre 230 immeubles menaçants ont été évacués par précaution.

Par Armel Hemme

Le week-end dernier à Marseille avait lieu un hackathon contre le logement indigne. Un événement organisé par le journal local La Marseillaise et Donut InfoLab, une association de promotion de l'open data. Un hackathon, pour résumer c’est un événement sur plusieurs jours, avec des geeks (souvent), des informaticiens, des designers, des citoyens... Des gens qui tentent de résoudre une problématique, tous ensemble. Alors, quel était le but du wee-kend ? Squaaly, correspondant de Nova à Marseille a posé la question à Patrice Delorme, un des hacktivistes de Donut InfoLab.

C’est quoi ce hackathon ?

Squaaly : L'idée du hackathon d’aujourd’hui, c’est de regrouper tous les gens qui se sentent concernés à la fois par la situation d’insalubrité à Marseille, des délogés etc. et par le numérique et qui cherchent à trouver, imaginer des solutions « hors-cadre » numériques pour essayer de solutionner ces problématiques. L’idée c’est vraiment ici d’être créatif, d’éviter de se prendre les pieds dans la complexité des problèmes mais au contraire de les « rafraîchir » et d’essayer de trouver des solutions innovantes.

Les participants se sont regroupés par projets, ils ont formé des équipes, ils ont travaillé tout le week-end avant de présenter leurs projets dimanche soir. Parmi les participants ont a croisé Laurent, venu spécialement de Cracovie, arrivé quelques heures avant le début : un homme motivé.

Laurent : Ma motivation c’est de contribuer à changer le monde. J’essaye de le faire à travers mon métier, je suis expert en transformation digitale. Mais je me consacre à des projets où on donne du sens, où l’humain est au centre. L’innovation c’est juste un moyen, c’est pas une finalité, on a tendance à l’oublier. Et même si depuis quelques années je vis à l’étranger, je suis ce qu’on appelle un « digital nomad », j’ai une relation avec la France comme une vieille maîtresse qui me manque. Parfois c’est l’ex avec laquelle je suis fâché, et quand j’ai vu ces événements j’ai trouvé cela indigne. J’ai eu envie de venir et de contribuer. On peut construire quelque chose en deux jours.

Plusieurs projets, plusieurs idées ont émergé : une plateforme pour répondre aux besoins d’urgence de personnes délogées, un coach numérique du propriétaire responsable pour guider les propriétaires perdus dans le labyrinthe des travaux, une plateforme solidaire qui propose des services, des cartographies des acteurs dans le secteur, entre autres. Karine fait partie des délogés suite à l’effondrement des immeubles de la rue d’Aubagne et était membre du jury ce week-end. Qu’a-t-elle pensé du hackathon ?

Karine : Je ne savais pas du tout ce que c’était, et je me suis posée comme une fleur. J’ai vu un truc extraordinaire, et je me suis dit que la société peut parfois être très très très réjouissante. Après 53 jours de galère dans le froid et la puanteur, je suis ravie d’être ici. On devait choisir une application, mais on a trouvé que dans chacune des applications il y avait des fonctionnalités extrêmement importantes. On a encouragé les gens à se réunir et à construire l’application qui sera présentée à la métropole pour financement. L’objectif c’est que cette application voie le jour.

Visuel © Getty Images / Bloomberg / Contributeur