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Le son du Stradivarius désormais disponible pour les producteurs

Et ce grâce au silence des habitants de la ville de Crémone.

Par Sophie Marchand & Jean Morel

Dans Bam Bam, notre focus du jour raconte une histoire très italienne. Cette histoire, c’est l’histoire complètement folle d’une ville entière qui a joué au roi du silence pour conserver un des sons les plus mythiques de l’histoire de la musique. Celui des violons Stradivarius.

violon

10 millions d'euro le violon

Les violons Stradivarius, ce sont ceux qui ont été créés par Stradivarius lui-même, Antonio Stradivari, dans son atelier de Crémone en Italie. Des instruments réputés pour avoir un son absolument unique. Sur le millier d’instruments fabriqués par Stradivari aux XVIIe et XVIIIe siècles, 696 sont encore conservés. Et certains se vendent maintenant autour des 10 millions d’euros. Autant vous dire que le commun des mortels n’est pas pas tout à fait concerné par cet instrument.

Et c’est exactement ce qui a frustré le producteur et DJ Leonardo Tedeschi, qui ne pouvait pas incorporer le son des Stradivarius à ses compositions, et de rendre ce son accessible à tous. Or, cette volonté est très concomitante avec celle de Fausto Cacciatori, conservateur du musée Stradivarius qui veut sauvegarder à tout jamais le son des Stradivarius.

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(c) Getty Images / Adelaide de Menil

48 heures de silence pour une éternité de son

Et voilà donc un projet commun : réaliser un Pack de sons de Stradivarius pour les producteurs à télécharger sur leur ordinateur, et par là même conserver ce son pour les générations futures. De grands violonistes ont donc été appelés pour jouer le son de trois violons et une viole : le Stauffer de 1700, le Vesuvius datant de 1727, et le Prince Doria de 1734. Leur mission était d’enregistrer toutes les notes possibles et imaginables sur ce violon, mais aussi toutes les transitions de notes… Un processus d’enregistrement décrit comme extrêmement difficile par les musiciens, et qui demande une concentration totale.

Et c’est là que la ville de Crémone intervient, pour sauvegarder la mémoire de la fierté locale, et pour ne pas déranger les musiciens, ni même que le bruit ambiant ne soit pas capté par les 32 micros hyper-sensibles dans le musée. Et pendant deux jours la ville s’est tue, aux alentours du musée. Et le maire avait fait installer des pancartes et piétonniser les alentours. Aujourd’hui on peut dire que grâce au silence de Crémone, le son des Stradivarius est protégé.

Bam Bam, c'est le Bureau des Affaires Musicales de Radio Nova, animé par Sophie Marchand et Jean Morel, du lundi au vendredi sur Nova.

Visuel (c) Getty Images / Bettmann