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Le Classico de Néo Géo : « Adékalom » de Danyel Waro

Le Classico de Néo Géo : « Adékalom » de Danyel Waro

L'hymne du maloya réunionnais présenté par Philippe Conrath.

Par La rédac

Chaque semaine, le Néo Géo de Bintou Simporé vous propose de réécouter ou de découvrir une chanson emblématique de l'histoire des musiques actuelles : c’est le Classico de Néo Géo. Cette semaine : « Adékalom » de Danyel Waro, présenté par Philippe Conrath, qui gère la carrière du Réunionnais depuis plus de vingt ans.

Danyel Waro est la grande figure emblématique d’un style, le maloya, qu’il a découvert très jeune, à dix-huit ans, par l’intermédiaire de Firmin Viry, alors qu’il assistait à une manifestation du Parti communiste réunionnais. Poète, militant, grand défenseur de la langue créole, auteur de huit albums, Waro est l'un des personnages extrêmement fédérateur de La Réunion.

Si jamais aucune loi n'a formellement interdit le maloya à La Réunion, le genre a pendant très longtemps été déconsidéré ou caché. On voyait le maloya comme une musique de soulard, une musique qui ne proposait que « du bruit », une musique qui n’irait jamais loin, et ne serait jamais une musique internationale. Quand Danyel est parti en tournée pour la première fois au Japon, les gens, à La Réunion, sont tombés par terre : pourquoi les Japonais iraient payer pour écouter quelqu’un chanter du maloya ? Le maloya, ainsi, est sorti de sa clandestinité petit à petit, et a même fini par être redouté par les autorités, au moment où le Parti communiste local s'en empara, faisant du maloya un vecteur culturel réunionnais à part entière.

« Adékalom », le morceau de 1980 que nous propose Philippe Conrath, est un hymne de Résistance majeur à La Réunion. Il raconte la lutte de trois frères qui passèrent par la case prison pour avoir défendu le terrain agricole qui leur permettait de vivre. Systématiquement joué en concert, le morceau est toujours accueilli par les hourras d'une foule qui a fait du titrer un véritable standard culturel.

Un texte issu de la chronique de Philippe Conrath, dans Néo Géo.

Visuel © Thierry Hoarau