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La sueur des clubs et l’élégance de la funk : en 99, l’explosion Cassius

La sueur des clubs et l’élégance de la funk : en 99, l’explosion Cassius

Toutes les semaines, BAM BAM vous raconte l'hymne d'un week-end.

Par Sophie Marchand & Jean Morel

Toutes les semaines dans Bam Bam, Sophie Marchand et Jean Morel vous proposent l’hymne d’un week-end.

Et celui du jour, qui fête ses vingt ans, ne semble pourtant pas avoir pris une ride. « Cassius 1999 » - nommé comme l’année de sa sortie, en 1999 -, est signé par le duo français Cassius, composé de Philippe Cerboneschi (« Zdar ») et de Hubert Blanc-Francard (« Boom Bass »).

Au début des années 90, ce duo-là se rencontre par l’intermédiaire d’un autre artiste - MC Solaar - dont ils doivent mixer et produire le premier disque, Qui sème le vent récolte le tempo. Le succès est tel qu’ils se retrouvent aussi bientôt - sous le nom de La Funk Mob, leur premier alias - à bosser sur Prose Combat, le deuxième album du emcee français. On est en 1994, et certains gros cigares de l’industrie musicale commencent à s’intéresser de très près à ce tandem qui bossera aussi aux côtés de Sinclair, de Melaaz, ou plus tard de Phoenix, en 2000 sur l’album United.

C’est un label anglais, Mo Wax, qui les signe d’abord en tant que La Funk Mob. Zdar aime les raves, la teuf, la techno, Hubert aime la soul, la funk, Prince, les musiques noires américaines : avant d’être la recette idéale qui fera de Cassius un immense succès, le duo tâtonne. Pendant quelques années, chacun bosse ainsi à ses projets parallèles, en plus de La Funk Mob. Zdar monte Motorbass avec Étienne de Crécy, et se consacre à cet autre duo jusqu’à ce qu’il y ait un divorce inattendu et plutôt douloureux, tandis que Boom Bass vogue en solitaire et bosse avec Jane Birkin et Democrate D.

En 1996, ils sortent tout de même un maxi à deux, sous un autre alias : L’Homme qui valait Trois Milliards - sur un label qui, lui, s’appelle déjà Cassius. Le projet reste confidentiel, et ces changements successifs de noms contribuent largement, à l’époque, à noyer le poisson.

C’est à l’occasion d’un voyage à New York, en 1996, que tout change. Citons Hubert, aka Boom Bass : « Le son était incroyable. Des gays, des lesbiennes, des Chicanos, des Noirs, des Blancs, des gros, des chauves dansaient des heures ensemble… Un jour, Philippe m’a fait écouter le titre “Bring U Up” de Romanthony. C’était du funk, du Prince, du James Brown, mais en house. J’ai basculé, et de tout ça est né Cassius ». Le duo assumer aimer autant la sueur d’un club que le génie de la funk, s’amuse  à accélérer le tempo de ses production, jouent à sampler des morceaux classiques, rêvent d’un track avec une basse à la « Too High », un titre de Marvin Gaye : toutes les maisons de disques rêvent de signer les prochains Daft Punk - et c’est de tout ça que naît leur premier album. 

Ce disque, dont le titre est un hommage à Prince, se vend à 250 000 exemplaires, et désormais, tout le monde sait qui sont les Cassius. Des producteurs qui ont d’abord été des as du studio, mais qui aiment aussi faire la teuf et composer des hymnes pour ça. Vingt ans et plusieurs albums plus tard, personne n’a oublié le titre « 99 », ni son clip. Et c’est pour toutes ces raisons qu’on l’écoute sur Nova.

Bam Bam, c'est le Bureau des Affaires Musicales de Radio Nova, animé par Sophie Marchand et Jean Morel, du lundi au vendredi sur Nova.

Visuel (c) pochette de 1999 de Cassius