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« La Nuit des Perséides » de Biche : l’album en avant-première

« La Nuit des Perséides » de Biche : l’album en avant-première

Le songe de plusieurs nuits d’été (et d’hiver) d’un garçon qui sait prendre son temps.

Par Bastien Stisi

« La terre a cessé de tourner pour moi, le temps de figer une image du monde à laquelle les gens bien pourraient se fier », chante sur le morceau « Kepler, Kepler »Alexis Fugain (oui, son père, c’est Michel Fugain, l’auteur d’« Une belle histoire »), leader de Biche et animal, si l’on s’en réfère à cet album que l’on vous propose aujourd’hui en exclusivité et à ses conditions de gestation, d’un autre temps, et d’un autre monde.

À l’heure d’Instagram, des albums que l’on doit sortir tous les deux ans pour ne pas disparaître des radars, et des sollicitations toujours plus nombreuses du monde moderne, Biche a en effet mis six ans à le sortir, ce premier album, La Nuit des Perséides, construit au sein d’un studio des Yvelines bordé par une forêt et par une tranquillité qui permet effectivement, dans ce coin-là de la région parisienne, de pouvoir contempler, la nuit, les ciels bleutés soudainement parcourus d’étoiles, filantes dans ce cas-ci.

Chanté en Français après quelques essais en anglais, le disque, signé par Alexis Fugain et consorts (Carol Teillard d'Eyry, Thomas Subiranin, Alexis Croisé, Brice Lenoble) évoque une longue flânerie, demi-sommeil hésitant toujours entre une réalité murmurée et des rêveries très affirmées, et narre les errances mentales d’un héros imaginaire dans l’attente, permanente, de ces nuits qui permettent, parce que tout y est noir et incertain, de mettre un temps la réalité de côté. 

« Passer du temps à ne rien faire / et bien le faire », pense-t-il tout haut aussi dans « L’Essor », quelques mots qui pourraient résumer à eux seuls, si l’on considère toutefois qu’il est vraiment possible de résumer les choses, un long travail de six années : car c’est dans l’ennui et dans l’attente que surviennent, parfois, les idées les plus grandioses. Éloge de la lenteur, éloge de la patience, éloge des étoiles que l’on contemple le soir, lorsque les volets des autres sont fermés.

L'album disponible demain partout - on peut le commander, aussi -, et le groupe en concert le 14 mai à La Boule Noire

Visuel © Ella Hermë