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La folie du streaming en Inde

La folie du streaming en Inde

Chaque semaine, BAM BAM, l’émission de Jean Morel et Sophie Marchand sur Nova, nous invite dans les charts d’un pays différent. Ce mardi, on s'arrête en Inde.

Par Sophie Marchand.

Le mardi, dans Bam Bam, on prend le temps de faire une petite escale dans un autre pays, pour y découvrir la musique qu’on écoute - et aujourd’hui c’est un pays qui a la taille d’un demi continent, puisqu'on vous emmène découvrir ce qui fait danser les foules, en Inde !

Le marché de la musique en Inde est très complexe - d’abord parce que c’est un énorme marché, et puis parce qu’il se modernise en permanence. Mais commençons par les basiques : évidemment, quand on pense à de la musique indienne - on pense à Bollywood, et de fait depuis 1920 à ce qu’on appelle la musique Filmi - c’est-à-dire les BO, et interludes musicaux des films - qui sont extrêmement populaires. Pendant des décennies, ces millions de bandes originales se sont échangées à travers le pays sous la forme de cassettes et de CD piratés. Le mode de consommation musicale principal.

La digitalisation de la musique en Inde

Ce qui est super intéressant c’est qu’en Inde - tout ne se passe pas exactement comme aux Etats-Unis et en Europe.

Par exemple si on parle de streaming, la plateforme leader s’appelle Gaana. Une boîte qui a dix ans à peine, mais déjà 100 millions d’utilisateurs (ce qui est plus que n’importe quel autre service). Elle propose environ trente millions de morceaux, de la musique en vingt-et-une langues dont les principales langues parlées à travers le pays. Parce que l’Inde on le rappelle c’est plus d’un milliard d’habitants, des dizaines de langues régionales et de religions. Ce n'est donc pas simple de réunir tout le monde, à moins de proposer énormément de types de musique. Derrière Gaana, il y a une autre boîte indienne qui s’appelle JioSaavn, et dernièrement Spotify qui a fait son entrée sur le territoire - et ça marche plutôt pas trop mal même s’ils vont galérer pour concurrencer les plateformes indiennes.

Comment s'imposer dans le marché de la musique en Inde ?

Il suffit pas de lancer une version indienne ou d’augmenter le catalogue avec des titres indiens. Il a fallu que Spotify passe un deal avec la plus grande maison de disques indienne : à savoir T-Series - qui est aujourd’hui d’ailleurs aussi une chaîne Youtube, où on trouve des films, des clips produits par eux-mêmes et qui est désormais la chaîne la plus regardée au monde. Voilà, business is business.

En Inde, nous pouvons noter deux tendances musicales principales. La première - finalement assez traditionnelle - ce sont encore les B-O de Bollywood. Par exemple ce titre « Vaaste », chanté par la star et actrice Dhvani Bhanushali.

L’autre tendance, plus internationaliste j’ai envie de dire, c’est de faire de la grosse pop mainstream - qui ressemble à ce qu’on entend partout ailleurs. Et c’est de le faire avec certaines popstar internationales justement - comme dans ce morceau qui réunit Guru Randawa, star de l’indipop et du banghra - et qui a choisi de convier Pittbull - l’americano cubain pour un morceau assez chargé.

Ca s’appelle « Slowly Slowly », le clip réunit 100 millions de spectateurs en quelques jours.  Forcément il y a un marché, j’aurais pu parler aussi de la sublime tradition des Bauls - qui sont les musiciens itinérants, dont la culture et les chants ont été proclamés chefs-d’oeuvres du patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco. Mais malheureusement, ce n’est pas à eux que profite le stream.

BAM BAM, Le bureau des affaires musicales, une émission qui déshabille les musiques qui font l’actualité pour en parler autrement. Des interviews surprenantes, des disques qui font danser et un regard affuté sur l’industrie musicale. BAM BAM c’est sur Nova tous les jours de 18h à 19h30, et en podcast sur Nova.fr.

Visuel : © Capture d'écran Youtube / T-Series