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La dub poetry de LKJ

La dub poetry de LKJ

Nova Classics : « Di Black Petti Booshwah » de LKJ.

Par La programmation musicale.

Cet été, Radio Nova revisite ses propres classiques : les raretés de tout bord qui rythment notre antenne, de la soul-funk au hip-hop en passant par les musiques afro-latines et la pop.  Aujourd'hui : LKJ de « Di Black Petti Booshwah ».

Ardent défenseur de l’identité jamaïcaine en Grande-Bretagne, LKJ devient à la fin des années 70 le représentant d’une forme d’expression musicale tout à fait nouvelle : la dub poetry. Né Linton Kwesi Johnson en 1952, le futur musicien quitte la Jamaïque à onze ans avec sa famille, pour émigrer à Londres, dans le quartier multiculturel de Brixton. Impliqué très jeune dans la politique, il rejoint la frange britannique du mouvement Black Panthers alors qu’il n’est encore que lycéen, avant de poursuivre des études de sociologie au prestigieux Goldsmiths College. Associé à des auteurs et des percussionnistes, Johnson organise en parallèle des ateliers de poésie : c’est ce faisant que ses premiers écrits seront déclamés sur scène, avec le groupe de reggae Rasta Love.

Son premier album, Dread Beat an’ Blood, fait de lui en 1978 le porte-parole de la jeunesse urbaine noire britannique, sujette aux préjudices raciaux, à l’oppression policière et aux inégalités sociales. Se décrivant comme un poète avant tout, Johnson dira plus tard : « écrire était un acte politique et la poésie une arme culturelle » : une poésie psalmodiée, mise en avant par l’instrumentation dub, alors qu’à l’inverse, à la même époque en Jamaïque, la pratique du toasting ne fait que mettre la parole improvisée au service des riddims

Ultime particularité, LKJ choisit d’exprimer sa poésie uniquement en patois jamaïcain: une manière de donner au créole ses lettres de noblesse. Sur « Di Black Petty Booshwah » (en bon français : « les petits-bourgeois noirs »), morceau phare de son troisième album Bass Culture paru en 1981, il attaque les membres trop intégrés de la communauté noire, les accusant de prendre le parti de « l’oppresseur ». Du dub culte et contestataire, qui fera de LKJ une voix unique dans l’histoire du reggae.

Visuel : (c) Wikipédia / Creative Commons / Bryan Ledgard