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Il faut qu'on parle du ski de bosses

Il faut qu'on parle du ski de bosses

La Chronique Sport, c'est tous les mardis avec Barnabé Binctin dans Pour Que Tu Rêves Encore, la matinale de Nova.

Par Barnabé Binctin

La Chronique Sport, c'est tous les mardis avec Barnabé Binctin dans Pour Que Tu Rêves Encore, la matinale de Nova. Vous pouvez la lire ci-dessous, ou bien l'écouter en podcast

Vacances de février obligent, on parle de ski cette semaine. Plus précisément de la discipline virevoltante du ski de bosses. Une épreuve très spectaculaire, qui consiste à dévaler le plus vite possible une piste verglacée de 250m, une piste remplie de bosses et entrecoupée de deux gros tremplins pour faire un saut acrobatique. Quand on regarde les compétitions à la télé, on a parfois l’impression que les genoux des skieurs sont de véritables ressorts, tant ça va vite pour rebondir sur les bosses. 

Déficit de notoriété

Un drôle de sport qu’un drôle de nom avait permis de populariser, au début des années 90 : le Français Edgar Grospiron, devenu le premier champion olympique de la discipline, aux JO d’Albertville, en 1992. Aujourd’hui, le ski-bosse continue de souffrir d’un petit déficit de notoriété, comme l’ensemble du ski acrobatique dont il fait partie.

Ces derniers jours, on a beaucoup plus parlé des Mondiaux de ski alpin traditionnel – qui se tenaient en Suède – que de ceux de ski freestyle, qui étaient organisés, presque simultanément, aux États-Unis.

Perrine Laffont, la Reine des bosses

Mais tout ça pourrait bien changer, en France en tout cas, si « Pépette », la Reine des bosses, continue à s’en faire aussi bien l’ambassadrice. « Pépette », c’est le surnom de Perrine Laffont, une jeune Ariégeoise géniale qui est en train d’écraser la concurrence, à tout juste vingt ans.

L’année dernière, elle a gagné la médaille d’or aux JO de Pyeongchang, puis elle a remporté le globe de cristal à la fin de la saison. Cette année, c’est donc au championnat du monde qu’elle s’est attaquée. Avec succès puisqu’elle a été sacrée, il y a dix jours et pour la deuxième fois, championne du monde de ski-bosse en parallèle, c’est-à-dire en même temps que son adversaire.Ce qui rend la course encore plus impressionnante puisque les deux concurrents sont côté à côté, séparés de 3 ou 4 mètres à peine.

D-Spin de la victoire

En finale, Perrine Laffont est arrivée deuxième en bas de la piste, derrière sa rivale, mais ça ne l’a pas empêchée de gagner la médaille d’or, car la course n’est pas qu’une simple affaire de chrono. 

En effet, la vitesse ne compte que pour 20% de la note finale. La technique d’ensemble vaut 60% de la note et les 20% correspondent aux sauts. Et c’est là que Perrine Laffont est très forte. Elle a réalisé un D-Spin, un saut que très peu de femmes maîtrisent aujourd’hui sur le circuit. Il est presque aussi difficile à réaliser qu’à décrire : c’est comme un tour sur soi-même en faisant passer la tête en bas, une sorte de rotation axiale qui se termine par un back-flip, le tout en croisant les skis.

Deux ans que Perrine Laffont prépare cette figure, et le moins qu’on puisse dire, c’est que ça fonctionne. Depuis qu’elle l’a présenté pour la première fois en compétition, au début de la saison, en décembre, Perrine Laffont a terminé chacune de ses courses sur le podium…

Visuel (c) Twitter @LaffontPerrine