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Fatboy Slim, figure du big beat

Fatboy Slim, figure du big beat

« Praise You », hymne générationnel.

Par Sophie Marchand & Jean Morel

Chaque lundi dans BAM BAM (le Bureau des Affaires Musicales de Nova), vous raconte un morceau sur lequel nous avons tous dansé, et l’on décrypte l’hymne d’un week-end.

Et aujourd’hui, c’est un classique qui a une double histoire : non seulement, il nous a tous fait danser à la fin des années 90, mais il connaît aussi aujourd’hui de nouveau un grand succès. Ce titre-là, c’est « Praise You », de Fatboy Slim, un morceau qui a été remixé en 2018 par un Allemand, Purple Disco Machine. Et cet edit-là cartonne.

Sur Nova, soyons honnête, on préfère l’original. « Praise You », en effet, condense un peu l’histoire d’une époque et d’un mouvement musical. Ce mouvement s’appelle le big beat - c’est un terme fourre-tout qui a fini par devenir le rejeton rejeté de la musique électronique.

Rembobinons un peu. Nous sommes à la fin des années 80 en Angleterre, à Londres. Et il s’y passe plein de choses. Le week-end, il y a des raves acid dans tous les hangars, le trip-hop va bientôt faire planer les jeunes, la britpop est en train d’émerger. Le hip-hop aussi, s’en sort bien. Du coup, les jeunes Anglais écoutent un peu de tout - et les musiciens, les producteurs, les DJ ont l’habitude de toucher à tout pour les satisfaire.

« Praise You » : le succès avant le mainstream

The Chemical Brothers, les Monkey Mafia, The Crystal Method, The Orb, The Prodigy, et donc Fatboy Slim sont les grands noms du big beat, un genre qui est en fait un grand mélange musical entre du rock, de la techno, de l’acid house, du punk, de hip-hop.

« Praise You », c’est l’un des plus gros cartons du big beat, avant que ça devienne un genre beaucoup trop commercial et mainstream. Et quand on se penche sur la structure du morceau, on comprend mieux en quoi le big beat est, tout bêtement, un gros mashup d’influences.

La voix d’abord : qui dit « We’ve come a long long way together, through the hard times and the good », c’est celle d’une certaine Camille Yarbrough - une chanteuse de Northern Soul que Fatboy Slim a découverte en fouillant dans ses vieux vinyles. C’est très Anglais d’avoir des vieux disques de Northern soul et de les sampler. Le thème ensuite, c’est un sample : celui du générique du dessin animé Fat Albert : ou T’as le Bonjour d’Albert - crée dans les années 70 par Bill Cosby. Enfin, l’instru plutôt simple : une ligne de basse, un peu de piano, un kick de batterie et un poil du synthétiseur Roland TB-303, et voilà, le tour est joué.

Le morceau est prêt à devenir numéro 1, en Angleterre. Mais la force de ce track, c’est qu’il va aussi devenir un hit à travers le monde et aux USA, notamment grâce à un clip : réalisé par le roi des clips, Spike Jonze. Une vidéo à l’esthétique VHS, tournée dans un centre commercial, avec des danseurs chelou qu’on dirait sortis d’une secte.

À la fin des années 90, c’est donc tout ce dont on a besoin pour danser. Un bon sample, une mélodie qui ne s’oublie pas, des paroles simples et un clip qui tourne en boucle sur MTV. C’est aussi ça l’époque « Praise You » de Fatboy Slim.

BAM BAM, c'est le Bureau des Affaires Musicales de Radio Nova, animé par Sophie Marchand et Jean Morel, du lundi au vendredi sur Nova.

Visuel : (c) Getty Images / Andrew Aitchison / Contributeur