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En salles : Leto, biopic sur Viktor Tsoï, la rockstar russe des 80's

En salles : « Leto », biopic sur Viktor Tsoï, la rockstar russe des 80's

Par Baptiste Etchegaray

Chaque mercredi dans Pour que tu rêves encore, la matinale de Nova, Baptiste Etchegaray nous livre sa Chronique Film

Ce mercredi sort Leto, un film en noir et blanc, qui nous plonge dans la scène rock du Leningrad des années 80 (aujourd'hui Saint-Pétersbourg) et dans les années 80 en pleine perestroïka. Les jeunes branchés de la ville vibraient plus ou moins en cachette au son new wave d'une jeune rock-star russe, un certain Viktor Tsoï.

C'est lui que le film met en scène : une légende de la contre-culture soviétique, inconnue ici mais porte-étendard de toute une génération, d’autant qu'il est mort très jeune à 28 ans, fauché par un accident de voiture en 1990. Le mythe est parfait, sa tombe aujourd'hui fait l'objet d'un culte à la Jim Morrison son groupe à l'époque s'appelait Kino.

Ce Viktor Tsoï, c'était d'abord une gueule, un beau métisse, mère russe, père coréen, un visage de héros romantique totalement hors du temps. Des hordes de groupies venaient voir ses concerts mais sans trop montrer leur enthousiasme parce qu'elles étaient surveillées de façon très stricte par de vieux organisateurs soviétiques bien rigides qui faisaient comprendre qu'on n’était pas trop là pour rigoler. Ça se voit d’ailleurs très bien dans le film.

Évidemment, Viktor Tsoï était suffisamment malin pour éviter d'écrire des chansons trop ouvertement politiques. Malgré tout, l'une d'elles s'appelle Changements ! et dans les années 80, sous Gorbatchev elle est devenue un hymne pour des jeunes assoiffés de liberté. 

Le culte de Viktor Tsoï ne cesse de grandir en Russie. Leto est par ailleurs réalisé par Kirill Serebrennikov, dramaturge important en Russie, qui vit assigné à résidence depuis plus d'un an à Moscou. Il est un symbole de l'autoritarisme de Poutine qui tente de museler les artistes, les voix dissidentes. Serebrennikov n'a pas pu venir à Cannes, où son film était présenté en mai dernier. Dans ce contexte, Leto prend des allures de manifeste politique rock, comme un grand cri de liberté qui résonne jusqu’à aujourd’hui et jusqu’ici.

Visuel : (c) Leto