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Elodie da Silva, nouvelle figure de proue du label Lusafrica

Le portrait de Néo Géo, par Bintou Simporé.

Par Bintou Simporé

Dans Néo Géo, Bintou Simporé a rencontré Elodie da Silva, nouvelle directrice du label Lusafrica.

La jeune et dynamique directrice du label Lusafrica incarne une nouvelle génération d’euro-afrodescendants réancrés dans les territoires et les cultures dont sont issus leurs parents, ici, en l'occurrence le Cap-Vert, tout en projetant leurs activités vers des perspectives plus larges que le continent africain.

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Elodie da Silva à la terrasse du Palais de la culture Ildo Lobo à Praia, au Cap-Vert

Après des études universitaires en droit et en école de commerce et d’ingénierie, Elodie da Silva sera business analyst, cheffe de projet, responsable marketing, et créera même une agence de coaching sentimental. Une entrepreneuse curieuse qui a accumulé les expérinces avant de revenir à l’essentiel : la musique.

« Je me suis toujours dit que c’est là que j’allais finir. Honnêtement, je ne pensais pas que ça arriverait si tôt ». Il y a trois ans, l’année de ses 27 ans, elle prend la direction du label Lusafrica fondé par son père José da Silva en 1988. Elodie et Lusafrica ont pour ainsi dire le même âge ! Reprendre un tel flambeau, ce n’est pas une mince affaire. « Le plus compliqué, ce n’est pas le quotidien, c’est l’historique. On parle quand même d’une société qui a 30 ans, 30 ans de relation avec des artistes ».

Bonga c’est mon oncle, Lura c’est pareil, Cesaria c’était ma grand-mère, elle vivait avec nous.

Ces fameux artistes font en quelque sorte partie de sa famille. 
« Bonga c’est mon oncle, Lura c’est pareil, Cesaria c’était ma grand-mère, elle vivait avec nous ». Des relations très importantes à ses yeux, qu’il faut faire durer. Tout en préservant les classiques, Elodie entend aussi élargir les horizons du label au-delà du monde lusophone et lui redonner une nouvelle jeunesse, comme en témoigne la récente signature du musicien kényan Blinky Bill.

Outre la direction du label, Elodie participe à la création et à l'organisation de différents événements musicaux tels que l'Atlantic Music Expo et le Kriol Jazz Festival au Cap-Vert. Elle est aussi la présidente de MusiConnect France, une initiative créée 2017 au Canada dans le but d’offrir des solutions aux diffuseurs (festivals, salles de concert) pour faciliter la circulation des artistes dans le cadre de tournées internationales. Réseau international, MusiConnect existe aussi en Russie, en Italie, et bientôt au Japon. « Pouvoir créer des routes pour les artistes, organiser demain une tournée qui aille de Toronto à Tokyo en passant par le Sénégal... », explique Elodie. En 2019, deux artistes dont Nova vous a déjà parlé vont tester le circuit MusiConnect au Canada: Lindigo, de la Réunion, et Lucibela du Cap-Vert. 

On a hâte de découvrir les prochaines initiatives musicales d'Elodie da Silva qui n'est pas du genre à dilapider son héritage, bien au contraire, et on s'en réjouit.

Le Néo Géo du dimanche 21 mars, c'est en podcast