Aller au contenu principal
Dans les années 80, le graphisme révolutionnaire de l’Haçienda

Dans les années 80, le graphisme révolutionnaire de l’Haçienda

Un livre rend hommage à la culture club des UK, côté design.

Par Morane Aubert

Il y a près d’un an, Rick Banks commence à collectionner des pubs trouvées dans des magazines musicaux des années 90. Il les découpe puis les dispose dans un album souvenir. Très vite, c'est le graphisme utilisé pour la communication autour des clubs qui attire son attention. Ces trouvailles sont aujourd’hui rassemblées dans un livre : Clubbed: a visual history of UK club culture. Des flyers, posters, logos de plusieurs lieux mythiques, de l’Haçienda à la Fabric en passant par le Cream.

Haçienda

Pour Rick Banks, l’Haçienda est le premier club « à s’être intéressé au design, ce qui en a fait une icône. » Il poursuit : « C’était largement grâce à l’un des associés de Factory Records, Peter Saville (le graphiste, notamment de Joy Division, New Order ou Orchestral Manoeuvres in the Dark, ndlr). Sous sa direction créative, il a repéré de nombreux designers de talents qui on travaillé sur l’identité graphique du lieu entre 1982 et 1997. » Cette attention portée au design a eu un impact évident sur l’image du club. Ben Kelly, l’un des architectes d’intérieur qui a selon Banks « redéfini ce pour quoi les clubs devaient se battre » se rappelait d’ailleurs pour le Guardian en 2012 : « C’était tellement génial de voir les jeunes pris par surprise quand ils entraient, de les faire penser à des choses comme l’architecture. »

À l'Haçienda, ce club qui a méchamment galéré pour remplir son immense espace avant que l'arrivée de l'acid-house en Grande-Bretagne le fasse littéralement exploser (son aventure, tumultueuse, est superbement racontée par l'un de ses fondateurs, Peter Hook, dans L'Haçienda : la meilleure façon de couler un club), et qui avait la réputation de s'habiller, graphiquement parlant, avec  « beauté et modernité », « les gens voulaient garder les affiches et les accrocher sur le mur. Le message était clair et concis et la typographie toujours joliment installée. »

Haçienda

Aujourd'hui, les clubs se sont-ils désintéressés à la création graphique ? Pour Rick Banks, la réponse va de soi, « avec l’invention du téléphone portable équipé de notifications instantanées à tué l’art du flyer. » 

Haçienda

Clubbed: a visual history of UK club culture fait l’objet d’une campagne Kickstarter jusqu'à la fin du mois.