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Comment le naufrage d'un bateau a changé à jamais la musique capverdienne

Comment le naufrage d'un bateau a changé à jamais la musique capverdienne

Grâce à sa cargaison remplie de claviers et synthétiseurs.

Par Jean Morel

La musique peut parfois raconter, comme aucun autre équivalent, des pans entiers de l’histoire. C’est le cas d’une révolution de la musique cap-verdienne qui est racontée dans un documentaire venant de paraitre sur la chaine YouTube, The Vinyl Factory

Le documentaire raconte l’histoire d’un bateau. Un bateau parti de Baltimore en 1968 pour atteindre Rio De Janeiro à l’occasion de l’exposition EMSE, la toute première exposition d’instruments électroniques en Amérique du Sud. A son bord, une cargaison de claviers et de synthétiseurs de la marque Moog ou encore Farfisa. Problème : le bateau n’est jamais arrivé. 

La légende raconte que le bateau s’est retrouvé battu par les flots sur l’île de Sao Nicolau au Cap Vert, rependant sa précieuse cargaison sur la plage. Les claviers furent récupérés par les troupes du militaire anti-colonial Amilcar Cabral. L’homme les a alors cachés des autorités portugaises, qui avaient colonisé la région. Ces instruments se sont retrouvés dans des églises et des écoles. 

Dans ces lieux s’est alors improvisée une curieuse rencontre : celle des rythmes capverdiens (les mornas, coladeras et le funana), avec les tonalités cosmiques des premiers synthétiseurs. Ce son de nouveauté et de liberté fut censuré par le gouvernement portugais. Sans surprise, il est devenu la bande son de l’indépendance, qui s’acheva en 1975.

BAM BAM, Le bureau des affaires musicales, une émission qui déshabille les musiques qui font l’actualité pour en parler autrement. C’est sur Nova tous les jours de 18h à 19h30, et en podcast sur Nova.fr.

Crédit © Getty Images / Bloomberg